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mercredi 25 février 2009

la musique et les plantes.

En juin 1992, Joël Sternheimer, professeur à l'Université européenne de la recherche, a déposé le brevet du , une théorie révolutionnaire qui permettrait d'expliquer, entre autres, l'influence de la musique sur des organismes vivants.

Le physicien Joël Sternheimer estime que la science moderne violente la nature quand, pour tenter de la comprendre, elle la casse en morceaux. Abordant le monde d'une façon à la fois plus synthétique et plus esthétique, le savant, qui est aussi un artiste, a découvert des lois révolutionnaires au cæur de la matière et de la vie. Des lois de résonnance harmonique, qui prouvent - scientifiquement - que la musique peut influencer l'épanouissement des êtres vivants. Jean-Marie Pelt, qui le connaît bien, témoigne en sa faveur: enfin une explication satisfaisante de la relation entre la musique et les plantes.



Certaines musiques peuvent-elles avoir une action sur des organismes vivants à une échelle moléculaire?... Question de biologie à laquelle répond un physicien qui place les questions d'éthique au-dessus de tout, et dont les travaux ont débouché sur une formidable découverte: une mélodie spécifique peut stimuler ou inhiber la synthèse d'une protéine au sein d'un organisme! Jean-Marie Pelt, président de l'Institut européen d'écologie, ne dit-il pas que ?

Et il ajoute: En cette fin de siècle, les scientifiques apparaissent de plus en plus comme des apprentis sorciers en mal d'inspiration. La manipulation du génome est-elle vraiment la solution de tous les maux ?

En médecine, alors que des dizaines de millions de francs lui ont été consacrés, la thérapie génique balbutie et son efficacité tant attendue a des relents d'arlésienne. En agriculture, les plantes transgénique ont fait leur apparition sur le marché mondial et offrent la possibilité, en jouant avec le génome, d'accroître certaines caractéristiques ou d'en créer d'autres, comme une résistance à certaines pesticides. Quel expert à l'heure actuelle est capable de prédire les conséquences de l'introduction de ces plantes dans nos écosystèmes? Qui sait si les aliments qui en sont issus ne risquent pas d'avoir à long terme, de fâcheuses répercussions sur notre santé? La démarche scientifique ne devrait-elle pas être sous-tendue par une réflexion éthique? Pour un chercheur indépendant comme Joël Sternheimer, cela va de soi puisque, toute sa vie, ses travaux ont été dictés par un souci de respect de son objet d'étude, qu'il s'agisse de particules ou de cellules. Son parcours l'a conduit vers des découvertes extraordinaires qui pourraient bien révolutionner notre vision du monde dans des domaines aussi variés que la médecine, l'agriculture, l'environnement.

Genèse d'une découverte
Il y a une trentaine d'années, Joël Sternheimer, physicien de formation, élève du prix Nobel de physique de 1929 Louis de Broglie, poursuivait ses recherches sur la physique des particules aux États-Unis, où l'avait envoyé son professeur. .

Car, pour lui, la science actuelle a tendance à ne pas respecter ce qu'elle étudie et à ne pas examiner le monde dans sa globalité. Pour étudier la matière, on la casse, on sépare ses éléments. Pour le vivant, même chose: on dissèque, on isole des cellules, des molécules, on les observe séparément, hors de leur contexte. Par cette approche, on détruit les liens à peine perceptibles, les connexions invisibles qui régiraient la matière au cæur du vivant.

Pour Joël Sternheimer, point n'est besoin de démolir l'objet de l'étude; il existe des biais beaucoup plus subtils qui permettent de percevoir ce qu'il y a à l'intérieur des choses! Cette démarche va évidemment complètement à l'encontre des recherches actuelles dans les domaines de la génétique ou de la physique.

Mais revenons à la fin des années soixante. . Un autre de ses professeurs lui conseilla très sérieusement de gagner de l'argent en enregistrant un disque, pour être indépendant et pouvoir mener sa recherche comme il le souhaitait. L'étonnant savant suivit le conseil de son aîné.

En 1967, il eut un retentissant succès musical sous le nom de l'auteur-interprète Évariste. Cette gloire éphémère lui permit de rester indépendant tout en poursuivant ses recherches sur la physique des particules. Il ne s'attendait certainement pas à retrouver la musique... au fond des atomes.

Pourtant, en travaillant sur le problème de la distribution des masses des particules, il découvrit qu'elles étaient réparties suivant une gamme musicale, la gamme tempérée essentiellement, ce qui indique que dans les fréquences associées à ces particules il existe des harmoniques. , remarque-t-il avec philosophie. Se plongeant dans un long travail théorique en physique quantique, Joël Sternheimer prédit et mit indirectement en évidence l'existence de ce qu'il appelle des ondes d'échelle, qui seraient émises par des particules et notamment, dans les cellules vivantes, par les acides aminés, à des fréquences inaudibles. La présence de ces ondes, dont il calcule les fréquences, expliquerait certaines interactions et comportements des molécules entre elles.

Concert de protéines
Suivant les théories et les calculs de Joël Sternheimer, considérons que les vingt acides aminés, véritables piliers de l'organisation métabolique, émettent chacun une onde dont on peut calculer la fréquence. Ces ondes sont émises au moment où ces acides aminés, transportés par les ARN de transfert, s'assemblent pour former des protéines. Les signaux seraient des ondes de nature quantique applées , c'est-à-dire qu'elles relient entre elles des échelles différentes - ici l'échelle de chaque acide aminé à l'échelle de la protéine en formation. On peut rendre ces fréquences audibles en les transposant, par exemple, en notes de musique. Nous obtenons donc pour une protéine, qui est une suite d'acides aminés, une succession de notes. En fonction de la complexité de la composition des protéines, qui peuvent regrouper une dizaine d'acides aminés ou des centaines, nous obtenons une véritable mélodie, une partition variant donc d'une dizaine à plusieurs centaines de notes.

De très nombreuses séquences d'acides aminés sont connues et disponibles sur différentes banques de données comme celle de la National Biomedical Research Foundation aux États-Unis. , précise Joël Sternheimer. Selon les résultats de ses expériences, la diffusion de la mélodie spécifique d'une protéine ainsi amplifiée, peut stimuler sa synthèse dans un organisme. Bien que sa démarche ne vise pas à vérifier une influence de la musique sur les plantes, mais plutôt à montrer que sa découverte a une action spécifique sur les molécules, le savant a fait quelques expériences sur le monde végétal. Une manière éthique, respectueuse de l'intégrité de son objet d'étude et de vérifier ses découvertes de physique quantique.

Ainsi, faire régulièrement écouter à un plant de tomates la musique correspondant à une protéine jouant un rôle dans le mécanisme de sa floraison, stimule la production de cette protéine dans la plante, qui donnera plus de fleurs qu'à l'accoutumée!

Il suffirait donc de les ondes d'échelle émises par les acides aminés d'une protéine et à les transposer en notes pour agir sur un organisme en augmentant la production de la protéine. Se faisant l'écho des travaux de Joël Sternheimer, Jean-Marie Pelt explique le processus: . Mais Joël Sternheimer va plus loin. Si l'on connaît la succession de notes correspondant à une protéine, on peut la stimuler; mais on peut aussi l'inhiber, c'est-à-dire freiner sa fabrication. Il suffit pour cela d'avoir la mélodie . Très schématiquement, si la mélodie qui stimule est dans les , celle qui inhibera sera dans les . Chaque acide aminé possédant son équivalent en note stimulante et en note inhibitrice, on disposera de deux décodages, deux mélodies pour chaque protéine.

Le facteur humain
Si cette transposition de la séquence d'acides aminés en notes se calcule, restent deux éléments importants qui peuvent également se calculer avec une certaine approximation, mais pour lesquels la sensibilité humaine s'avère finalement plus précise. Car, comme en musique, il ne suffit pas d'avoir une suite de notes, encore fait-il connaître le rythme et la valeur de chaqune d'elle... Les notes issues des protéines sont-elles des blanches, des noires ou des croches? . Cela peut paraître de prime abord subjectif mais, pour Joël Sternheimer, ce décodage s'affine en introduisant le facteur humain, le savoir-faire du musicien et sa sensabilité.

Six cent gènes décodés
Eh oui, la pluridisciplinarité nécessaire en science peut s'étendre avec les aspects les plus étonnants comme les connaissances en musique! . En fait, cette notion qui peut paraître subjective annonce une véritable démocratisation de la médecine de demain.

Musiques et traditions
Le patient serait capable, lui-même, de ressentir si la musique spécifique d'une protéine ou d'une molécule est nécessaire pour le soigner ou non. . Le second élément pour que l'on puisse jouer une mélodie, c'est le timbre, la sonorité. En d'autres termes, quel instrument va-t-on utiliser? , répond Pedro Ferrandiz.

Là encore, nos scientifiques se servent de leur intuition, montrant qu'un homme de science est avant tout un homme et non une simple machine à calculer! Une fois ces éléments déterminés, on peut procéder aux expériences, par exemple avec des plantes. Il s'agit tout simplement de diffuser à l'aide de hauts parleurs une musique correspondant à une protéine pour stimuler ou inhiber sa synthèse dans la plante. Les temps d'exposition à la musique et les fréquences sont variables. Le son se diffuse notamment par les feuilles à l'intérieur du milieu cellulaire et sur la protéine concernée.

Cette découverte apporte un éclairage scientifique aux rapports entre la musique et le vivant, depuis longtemps découverts mais de façon empirique et sans explication logique jusqu'aux travaux de Sternheimer. Entre le vieil adage qui prône que la musique adoucit les mæurs et l'idée que les plantes sont très réceptives à la musique, l'influence de celle-ci sur les organismes vivants est passée au rang des idées reçues, généralement admises par le bon sens populaire.

C'est ainsi que certains agriculteurs des îles du Pacifique, comme le signalait l'ethnologue Malinowski en 1930, imitaient le chant des oiseaux pour améliorer le rendement des cultures... On suppose également que les chants agraires entonnés dans nos campagnes étaient composés avec l'espoir d'influencer la production céréalière. Mieux encore, l'anthropologue Jeremy Narby nous confiait qu'il avait vu des Indiens d'Amazonie péruvienne soigner une morsure de serpent en chantant sur la plaie pendant des heures. S'agissait-il de la musique d'une molécule spécifique?

Les tomates musicales
Les aborigènes d'Australie auraient également un grand savoir en la matière. L'influence de la musique sur les plantes commence maintenant à être reconnue par la communauté scientifique, qui prolonge petit à petit la tradition. Dans "Les langages secrets de la nature", Jean-Marie Pelt consacre un chapitre aux rapports entre la musique et les plantes et affirme, après avoir effectué des expériences, que les plantes sont effectivement sensibles à certaines mélodies.

Si ces histoires laissent rêveurs certains scientifiques, les industriels, eux, n'hésitent pas à les mettre en pratique. C'est ainsi qu'au Japon, la société Gomei-kaisha Takada a déposé un brevet en 1991 sur l'utilisation de certaines musiques censées améliorer la fermentation des levures employées pour la fabrication de sauce-soja et de la célèbre pâte miso.

Depuis cinq ans, Joël Sternheimer et Pedro Ferrandiz poursuivent leurs essais d'application de ce procédé dans différents domaines. Au fur et à mesure de leurs expériences, ils ont pu affiner le choix des protéines à utiliser et les temps d'exposition aux musiques de ces protéines. Ils ont suivi l'évolution de cultures de tomates en leur diffusant, en temps voulu, les mélodies des protéines nécessaires à leur bon développement. Pour la croissance des plantules, ils ont diffusé des musiques de protéines de structure, qui fortifient les tiges. Une autre musique a permis de favoriser la floraison, etc.

Durant l'été 1994, qui fut particulièrement chaud, les effets de la musique de la protéine TAS 14, une protéine de résistance de la tomate à la secheresse, isolée en 1990 par trois chercheurs espagnols - J.A. Pintor-Toro, J.A. Godoy et J.M. Pardo (Plant Mol. Biol. vol. 15, page 695) -, furent testés dans une serre en Suisse, avec la participation de Jean Marcel Huber, un industriel, et Castor Egloff, un horticulteur, par une température de 35 à 39 degrés. Trois minutes par jour, du 26 juillet au 11 août 1994, une partie des tomates de la serre a reçu cette musique en plus d'une ration d'eau d'un litre et demi. Le résultat fut spectaculaire. Les feuilles des restaient vertes alors que celles qui n'avaient reçu que de l'eau séchaient. Enthousiasmés et intrigués, Mansour et Ousmane Gueye - un industriel sénégalais et son frère technicien agricole, ont entrepris une expérience similaire en Afrique.

Le 18 juillet 1996, des plants de tomates ont été repiqués dans un jardin séparé en deux. Une partie du jardin a été arrosée deux fois par jour, tandis que l'autre ne l'était qu'une fois par jour, mais recevait la musique de la TAS 14 trois minutes par jour, par un radiocassette ordinaire placé au pied des plants. Sur le jardin témoin, les plants ont atteint une hauteur moyenne d'un mètre, sauf pour quelques-uns situés à l'ombre qui ont grandi du double mais n'ont pratiquement pas donné de fruits. Les tomates, petites, peu nombreuses, ont été attaquées par des insectes. Sur le jardin musical, les plants font en moyenne un mètre soixante-dix, les tomates sont beaucoup plus grosses et parfois éclatées car gorgées d'eau. Quant au rendement d'un pied, il est environ multiplié par vingt! De plus, la chair des tomates est ferme et elles n'ont pas subi l'agression d'insectes. Les plants, paraissant mieux retenir l'eau, sont visiblement plus vigoureux! Si au début les ouvriers de l'exploitation agricole où a eu lieu l'expérience montraient leur scepticisme, voire leur franche hilarité, les étonnants résultats ont fini par les convaincre, au point qu'ils ont déclaré à la fin:

Des expériences d'avenir
Même si des puristes trouvent à redire sur cette expérience, en raison notamment d'un protocole réduit, les résultats sont assez impressionnants et le but recherché atteint: offrir des alternatives douces à l'utilisation de traitements chimiques des cultures et aux plantes transgéniques, technologie de toutes façons trop onéreuse pour les pays du tiers monde et qui entraînerait une dépendance supplémentaire.

D'autres expériences doivent être réalisées sur une plus grande échelle en diffusant la TAS 14, mais aussi d'autres pouvant notamment influer sur le goût des tomates ou sur leur conservation. Les recherches de Joël Sternheimer offrent des voies de réponse à beaucoup de maux de notre époque. . Les travaux et découvertes révolutionnaires de Joël Sternheimer offrent un champ d'application énorme, notamment dans les pays en voie de développement. Elles permettraient notamment, tout en respectant , d'accroître les potentiels de certaines cultures sans pour cela jouer aux apprentis sorciers en modifiant génétiquement les plantes. Une démarche éthique et respecteuse de la nature qui mérite d'être chaudement encouragée.

À lire
- , Joël Sternheimer, Brevet français n° 92-06765 de 1992.

- , Pedro Ferrandiz, article de la revue Industries des céréales, n° 85, nov-déc 1993.

- , Pedro Ferrandiz, article de la revue La garance voyageuse, n° 37, Printemps 97. Rens.: 04 66 45 94 10.

- Les langages secrets de la nature, Jean-Marie Pelt, éd. Fayard.

- Planète transgénique, Jean-Claude Perez, éd. L'Espace bleu, avril 97.


Cet article a été écrit à partir des deux articles d'Eric Bony dans "Science Frontières" et des déclarations de Joël Sternheimer au Festival Science Frontières 1997.

mardi 24 février 2009

Risques liés au changement climatique plus élevés qu'il y a quelques années

Risques liés au changement climatique plus élevés qu'il y a quelques années
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Les risques pour l'humanité et l'environnement terrestre liés au changement climatique sont plus élevés qu'il y a seulement quelques années, selon des chercheurs européens et américains dont l'étude est publiée lundi aux Etats-Unis.

Photographe : Michael Benson AFP/NASA/Archives :: Vue de la Terre
Photographe : Michael Benson AFP/NASA/Archives :: Vue de la Terre
photo : Michael Benson , AFP

"Aujourd'hui nous devons considérer la possibilité que le risque d'impacts négatifs du changement climatique sur les humains et la nature sont plus grands qu'il y a juste quelques années", observe Hans-Martin Füssel de l'Institut Potsdam de recherche sur l'impact du climat (PIK), un des co-auteurs de cette recherche parue dans la version en ligne des Annales de l'Académie Nationale américaine des Sciences (PNAS) datées du 23 février.

Les risques s'accroîtraient de façon drastique avec seulement de petites augmentations des températures médianes terrestres au-dessus du niveau de 1990, affirment ces chercheurs.

De nombreux écosystèmes comme les glaciers et les récifs coralliens dans les tropiques se sont avérés être beaucoup plus sensibles au réchauffement climatique et à l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère et les océans que ne l'avait anticipé le troisième Rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC) en 2001, soulignent-ils.

Des sécheresses, des vagues de chaleurs et des ouragans plus violents se produisent plus fréquemment et provoquent des dégâts plus importants que prévu au début de cette décennie.

"Si le risque est plus important, la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre est aussi plus grande tout comme le besoin d'aider les régions les plus vulnérables dans le monde à faire face aux conséquences du changement climatique", conclut Hans-Martin Füssel.

"Une telle approche est aussi une question de justice puisque nombre de pays émettant le moins de gaz à effet de serre sont aussi les plus faibles et les les plus affectés", ajoute-t-il.

Cette nouvelle évaluation de l'impact du réchauffement s'appuie sur des observations autour de la planète basées sur une plus profonde compréhension du système climatique.

De plus, depuis la publication du troisième rapport du GIEC en 2001, les régions du globe, les secteurs et les populations affectés ont été identifiés plus précisément.

Enfin, il y a de plus en plus d'indices montrant que même de faibles augmentations des températures médianes au-dessus du niveau de 1990 peuvent provoquer au cours de plusieurs siècles des changements climatiques avec des impacts très importants sur l'environnement comme la fonte accélérée de la banquise au Groenland, souligne l'étude.

Trois des co-auteurs des travaux ont contribué au chapitre du rapport du GIEC en 2001 où ces craintes avaient tout d'abord été examinées.

Cette étude plus pessimiste sur le changement climatique et ses conséquences est la troisième publiée ces dernière semaines.

Le 14 février, un rapport de Chris Field, de la Carnegie Institution indiquait que les gaz à effets de serre s'accumulent plus rapidement que prévu dans l'atmosphère, augmentant le danger d'un changement irréversible du climat d'ici la fin du siècle.

Trois semaines avant, une étude de Susan Solomon, principale scientifique de la National Oceanic and Atmospheric Administration, affirmait que le changement de température à la surface des océans, des précipitations et la montée du niveau des océans "sont (déjà) largement irréversibles, pour plus de mille ans, après que les émissions de CO2 auront complètement cessé".

vendredi 25 juillet 2008

Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française par Thierry Meyssan*

Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française
par Thierry Meyssan*

Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d’après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu’à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s’interroger sur les alliances qui l’ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d’écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l’exception de deux imputations, signalées par l’auteur qui en assume seul la responsabilité.





Les Français, lassés des trop longues présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, ont élu Nicolas Sarkozy en comptant sur son énergie pour revitaliser leur pays. Ils espéraient une rupture avec des années d’immobilisme et des idéologies surannées. Ils ont eu une rupture avec les principes qui fondent la nation française. Ils ont été stupéfaits par cet « hyper-président », se saisissant chaque jour d’un nouveau dossier, aspirant à lui la droite et la gauche, bousculant tous les repères jusqu’à créer une complète confusion.

Comme des enfants qui viennent de faire une grosse bêtise, les Français sont trop occupés à se trouver des excuses pour admettre l’ampleur des dégâts et leur naïveté. Ils refusent d’autant plus de voir qui est vraiment Nicolas Sarkozy, qu’ils auraient dû s’en rendre compte depuis longtemps.

C’est que l’homme est habile. Comme un illusionniste, il a détourné leur attention en offrant sa vie privée en spectacle et en posant dans les magazines people, jusqu’à leur faire oublier son parcours politique.

Que l’on comprenne bien le sens de cet article : il ne s’agit pas de reprocher à M. Sarkozy ses liens familiaux, amicaux et professionnels, mais de lui reprocher d’avoir caché ses attaches aux Français qui ont cru, à tort, élire un homme libre.

Pour comprendre comment un homme en qui tous s’accordent aujourd’hui à voir l’agent des États-Unis et d’Israël a pu devenir le chef du parti gaulliste, puis le président de la République française, il nous faut revenir en arrière. Très en arrière. Il nous faut emprunter une longue digression au cours de laquelle nous présenterons les protagonistes qui trouvent aujourd’hui leur revanche.

Secrets de famille

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets états-uniens s’appuient sur le parrain italo-US Lucky Luciano pour contrôler la sécurité des ports américains et pour préparer le débarquement allié en Sicile. Les contacts de Luciano avec les services US passent notamment par Frank Wisner Sr. puis, lorsque le « parrain » est libéré et s’exile en Italie, par son « ambassadeur » corse, Étienne Léandri.

En 1958, les États-Unis, inquiets d’une possible victoire du FLN en Algérie qui ouvrirait l’Afrique du Nord à l’influence soviétique, décident de susciter un coup d’État militaire en France. L’opération est organisée conjointement par la Direction de la planification de la CIA —théoriquement dirigée par Frank Wisner Sr.— et par l’OTAN. Mais Wisner a déjà sombré dans la démence de sorte que c’est son successeur, Allan Dulles, qui supervise le coup. Depuis Alger, des généraux français créent un Comité de salut public qui exerce une pression sur le pouvoir civil parisien et le contraint à voter les pleins pouvoirs au général De Gaulle sans avoir besoin de recourir la force [1].

Or, Charles De Gaulle n’est pas le pion que les Anglo-Saxons croient pouvoir manipuler. Dans un premier temps, il tente de sortir de la contradiction coloniale en accordant une large autonomie aux territoires d’outre-mer au sein d’une Union française. Mais il est déjà trop tard pour sauver l’Empire français car les peuples colonisés ne croient plus aux promesses de la métropole et exigent leur indépendance. Après avoir conduit victorieusement de féroces campagnes de répression contre les indépendantistes, De Gaulle se rend à l’évidence. Faisant preuve d’une rare sagesse politique, il décide d’accorder à chaque colonie son indépendance.

Cette volte-face est vécue comme une trahison par la plupart de ceux qui l’ont porté au pouvoir. La CIA et l’OTAN soutiennent alors toutes sortes de complots pour l’éliminer, dont un putsch manqué et une quarantaine de tentatives d’assassinat [2]. Toutefois, certains de ses partisans approuvent son évolution politique. Autour de Charles Pasqua, ils créent le SAC, une milice pour le protéger.

Pasqua est à la fois un truand corse et un ancien résistant. Il a épousé la fille d’un bootlegger canadien qui fit fortune durant la prohibition. Il dirige la société Ricard qui, après avoir commercialisé de l’absinthe, un alcool prohibé, se respectabilise en vendant de l’anisette. Cependant, la société continue à servir de couverture pour toutes sortes de trafics en relation avec la famille italo-new-yorkaise des Genovese, celle de Lucky Luciano. Il n’est donc pas étonnant que Pasqua fasse appel à Étienne Léandri (« l’ambassadeur » de Luciano) pour recruter des gros bras et constituer la milice gaulliste [3]. Un troisième homme joue un grand rôle dans la formation du SAC, l’ancien garde du corps de De Gaulle, Achille Peretti —un Corse lui aussi—.

Ainsi défendu, De Gaulle dessine avec panache une politique d’indépendance nationale. Tout en affirmant son appartenance au camp atlantique, il remet en cause le leadership anglo-saxon. Il s’oppose à l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun européen (1961 et 1967) ; Il refuse le déploiement des casques de l’ONU au Congo (1961) ; il encourage les États latino-américains à s’affranchir de l’impérialisme US (discours de Mexico, 1964) ; Il expulse l’OTAN de France et se retire du Commandement intégré de l’Alliance atlantique (1966) ; Il dénonce la Guerre du Viêt-nam (discours de Phnon Penh, 1966) ; Il condamne l’expansionnisme israélien lors de la Guerre des Six jours (1967) ; Il soutient l’indépendance du Québec (discours de Montréal 1967) ; etc.

Simultanément, De Gaulle consolide la puissance de la France en la dotant d’un complexe militaro-industriel incluant la force de dissuasion nucléaire, et en garantissant son approvisionnement énergétique. Il éloigne utilement les encombrants Corses de son entourage en leur confiant des missions à étranger. Ainsi Étienne Léandri devient-il le trader du groupe Elf (aujourd’hui Total) [4], tandis que Charles Pasqua devient l’homme de confiance des chefs d’États d’Afrique francophone.

Conscient qu’il ne peut défier les Anglo-Saxons sur tous les terrains à la fois, De Gaulle s’allie à la famille Rothschild. Il choisit comme Premier ministre le fondé de pouvoir de la Banque, Georges Pompidou. Les deux hommes forment un tandem efficace. L’audace politique du premier ne perd jamais de vue le réalisme économique du second.

Lorsque De Gaulle démissionne, en 1969, Georges Pompidou lui succède brièvement à la présidence avant d’être emporté par un cancer. Les gaullistes historiques n’admettent pas son leadership et s’inquiètent de son tropisme anglophile. Ils hurlent à la trahison lorsque Pompidou, secondé par le secrétaire général de l’Élysée Edouard Balladur, fait entrer « la perfide Albion » dans le Marché commun européen.

La fabrication de Nicolas Sarkozy

Ce décor étant planté, revenons-en à notre personnage principal, Nicolas Sarkozy. Né en 1955, il est le fils d’un noble catholique hongrois, Pal Sarkösy de Nagy-Bocsa, réfugié en France après avoir fuit l’Armée rouge, et d’Andrée Mallah, une roturière juive originaire de Thessalonique. Après avoir eu trois enfants (Guillaume, Nicolas et François), le couple divorce. Pal Sarkosy de Nagy-Bocsa se remarie avec une aristocrate, Christine de Ganay, dont il aura deux enfants (Pierre-Olivier et Caroline). Nicolas ne sera pas élevé par ses seuls parents, mais balloté dans cette famille recomposée.

Sa mère est devenue la secrétaire d’Achille Peretti. Après avoir co-fondé le SAC, le garde du corps de De Gaulle avait poursuivi une brillante carrière politique. Il avait été élu député et maire de Neuilly-sur-Seine, la plus riche banlieue résidentielle de la capitale, puis président de l’Assemblée nationale.

Malheureusement, en 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause. Aux États-Unis, le magazine Time révèle l’existence d’une organisation criminelle secrète « l’Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l’Europe et l’Amérique, la fameuse « French connexion » qu’Hollywwod devait porter à l’écran. S’appuyant sur des auditions parlementaires et sur ses propres investigations, Time cite le nom d’un chef mafieux, Jean Venturi, arrêté quelques années plus tôt au Canada, et qui n’est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour la société d’alcool Ricard. On évoque le nom de plusieurs familles qui dirigeraient « l’Union corse », dont les Peretti. Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l’Assemblée nationale et échappe même à un « suicide ».

En 1977, Pal Sarkozy se sépare de sa seconde épouse, Christine de Ganay, laquelle se lie alors avec le n°2 de l’administration centrale du département d’État des États-Unis. Elle l’épouse et s’installe avec lui en Amérique. Le monde étant petit, c’est bien connu, son mari n’est autre que Frank Wisner Jr., fils du précédent. Les fonctions de Junior à la CIA ne sont pas connues, mais il clair qu’il y joue un rôle important. Nicolas, qui reste proche de sa belle-mère, de son demi-frère et de sa demi-sœur, commence à se tourner vers les États-Unis où il « bénéficie » des programmes de formation du département d’État.

À la même période, Nicolas Sarkozy adhère au parti gaulliste. Il y fréquente d’autant plus rapidement Charles Pasqua que celui-ci n’est pas seulement un leader national, mais aussi le responsable de la section départementale des Hauts-de-Seine.

En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s’étant inscrit au barreau, épouse la nièce d’Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu’avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l’île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi.

L’année suivante, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine en remplacement de son bel-oncle, Achille Peretti, terrassé par une crise cardiaque.

Cependant, Nicolas ne tarde pas à trahir sa femme et, dès 1984, il poursuit une liaison cachée avec Cécilia, l’épouse du plus célèbre animateur de télévision français de l’époque, Jacques Martin, dont il a fait la connaissance en célébrant leur mariage en qualité de maire de Neuilly. Cette double vie dure cinq ans, avant que les amants ne quittent leurs conjoints respectifs pour construire un nouveau foyer.

Nicolas est le témoin de mariage, en 1992, de la fille de Jacques Chirac, Claude, avec un éditorialiste du Figaro. Il ne peut s’empêcher de séduire Claude et de mener une brève relation avec elle, tandis qu’il vit officiellement avec Cécilia. Le mari trompé se suicide en absorbant des drogues. La rupture est brutale et sans retour entre les Chirac et Nicolas Sarkozy.

En 1993, la gauche perd les élections législatives. Le président François Mitterrand refuse de démissionner et entre en cohabitation avec un Premier ministre de droite. Jacques Chirac, qui ambitionne la présidence et pense alors former avec Edouard Balladur un tandem comparable à celui de De Gaulle et Pompidou, refuse d’être à nouveau Premier ministre et laisse la place à son « ami de trente ans », Edouard Balladur. Malgré son passé sulfureux, Charles Pasqua devient ministre de l’Intérieur. S’il conserve la haute main sur la marijuana marocaine, il profite de sa situation pour légaliser ses autres activités en prenant le contrôle des casinos, jeux et courses en Afrique francophone. Il tisse aussi des liens en Arabie saoudite et en Israël et devient officier d’honneur du Mossad. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est ministre du Budget et porte-parole du gouvernement.

À Washington, Frank Wisner Jr. a pris la succession de Paul Wolfowitz comme responsable de la planification politique au département de la Défense. Personne ne remarque les liens qui l’unissent au porte-parole du gouvernement français.

C’est alors que reprend au sein du parti gaulliste la tension que l’on avait connu trente ans plus tôt entre les gaullistes historiques et la droite financière, incarnée par Balladur. La nouveauté, c’est que Charles Pasqua et avec lui le jeune Nicolas Sarkozy trahissent Jacques Chirac pour se rapprocher du courant Rothschild. Tout dérape. Le conflit atteindra son apogée en 1995 lorsque Édouard Balladur se présentera contre son ex-ami Jacques Chirac à l’élection présidentielle, et sera battu. Surtout, suivant les instructions de Londres et de Washington, le gouvernement Balladur ouvre les négociations d’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN des États d’Europe centrale et orientale, affranchis de la tutelle soviétique.

Rien ne va plus dans le parti gaulliste où les amis d’hier sont près de s’entre-tuer. Pour financer sa campagne électorale, Edouard Balladur tente de faire main basse sur la caisse noire du parti gaulliste, cachée dans la double comptabilité du pétrolier Elf. À peine le vieux Étienne Léandri mort, les juges perquisitionnent la société et ses dirigeants sont incarcérés. Mais Balladur, Pasqua et Sarkozy ne parviendront jamais à récupérer le magot.

La traversée du désert

Tout au long de son premier mandat, Jacques Chirac tient Nicolas Sarkozy à distance. L’homme se fait discret durant cette longue traversée du désert. Discrètement, il continue à nouer des relations dans les cercles financiers.

En 1996, Nicolas Sarkozy ayant enfin réussi à clore une procédure de divorce qui n’en finissait pas se marie avec Cécilia. Ils ont pour témoins les deux milliardaires Martin Bouygues et Bernard Arnaud (l’homme le plus riche du pays).

Dernier acte

Bien avant la crise irakienne, Frank Wisner Jr. et ses collègues de la CIA planifient la destruction du courant gaulliste et la montée en puissance de Nicolas Sarkozy. Ils agissent en trois temps : d’abord l’élimination de la direction du parti gaulliste et la prise de contrôle de cet appareil, puis l’élimination du principal rival de droite et l’investiture du parti gaulliste à l’élection présidentielle, enfin l’élimination de tout challenger sérieux à gauche de manière à être certain d’emporter l’élection présidentielle.

Pendant des années, les médias sont tenus en haleine par les révélations posthumes d’un promoteur immobilier. Avant de décéder d’une grave maladie, il a enregistré pour une raison jamais élucidée une confession en vidéo. Pour une raison encore plus obscure, la « cassette » échoue dans les mains d’un hiérarque du Parti socialiste, Dominique Strauss-Khan, qui la fait parvenir indirectement à la presse.

Si les aveux du promoteur ne débouchent sur aucune sanction judiciaire, ils ouvrent une boîte de Pandore. La principale victime des affaires successives sera le Premier ministre Alain Juppé. Pour protéger Chirac, il assume seul toutes les infractions pénales. La mise à l’écart de Juppé laisse la voie libre à Nicolas Sarkozy pour prendre la direction du parti gaulliste.

Sarkozy exploite alors sa position pour contraindre Jacques Chirac à le reprendre au gouvernement, malgré leur haine réciproque. Il sera en définitive, ministre de l’Intérieur. Erreur ! À ce poste, il contrôle les préfets et de le renseignement intérieur qu’il utilise pour noyauter les grandes administrations.

Il s’occupe aussi des affaires corses. Le préfet Claude Érignac a été assassiné. Bien qu’il n’ait pas été revendiqué, le meurtre a immédiatement été interprété comme un défi lancé par les indépendantistes à la République. Après une longue traque, la police parvient à arrêter un suspect en fuite, Yvan Colonna, fils d’un député socialiste. Faisant fi de la présomption d’innocence, Nicolas Sarkozy annonce cette interpellation en accusant le suspect d’être l’assassin. C’est que la nouvelle est trop belle à deux jours du référendum que le ministre de l’Intérieur organise en Corse pour modifier le statut de l’île. Quoi qu’il en soit, les électeurs rejettent le projet Sarkozy qui, selon certains, favorise les intérêts mafieux.
Bien qu’Yvan Colonna ait ultérieurement été reconnu coupable, il a toujours clamé son innocence et aucune preuve matérielle n’a été trouvée contre lui. Étrangement, l’homme s’est muré dans le silence, préférant être condamné que de révéler ce qu’il sait.
Nous révélons ici que le préfet Érignac n’a pas été tué par des nationalistes, mais abattu par un tueur à gage, Igor Pecatte, immédiatement exfiltré vers l’Angola où il a été engagé à la sécurité du groupe Elf. Le mobile du crime était précisément lié aux fonctions antérieures d’Érignac, responsable des réseaux africains de Charles Pasqua au ministère de la Coopération. Quand à Yvan Colonna, c’est un ami personnel de Nicolas Sarkozy depuis des décennies et leurs enfants se sont fréquentés.

Une nouvelle affaire éclate : de faux listings circulent qui accusent mensongèrement plusieurs personnalités de cacher des comptes bancaires au Luxembourg, chez Clearstream. Parmi les personnalités diffamées : Nicolas Sarkozy. Il porte plainte et sous-entend que son rival de droite à l’élection présidentielle, le Premier ministre Dominique de Villepin, a organisé cette machination. Il ne cache pas son intention de le faire jeter en prison.
En réalité, les faux listings ont été mis en circulation par des membres de la Fondation franco-américaine [5], dont John Negroponte était président et dont Frank Wisner Jr. est administrateur. Ce que les juges ignorent et que nous révélons ici, c’est que les listings ont été fabriqués à Londres par une officine commune de la CIA et du MI6, Hakluyt & Co, dont Frank Wisner Jr. est également administrateur.
Villepin se défend de ce dont on l’accuse, mais il est mis en examen, assigné à résidence et, de facto, écarté provisoirement de la vie politique. La voie est libre à droite pour Nicolas Sarkozy.

Reste à neutraliser les candidatures d’opposition. Les cotisations d’adhésion au parti socialistes sont réduites à un niveau symbolique pour attirer de nouveaux militants. Soudainement des milliers de jeunes prennent leur carte. Parmi eux, au moins dix mille nouveaux adhérents sont en réalité des militants du Parti trotskiste « lambertiste » (du nom de son fondateur Pierre Lambert). Cette petite formation d’extrême gauche s’est historiquement mise au service de la CIA contre les communistes staliniens durant la Guerre froide (Elle est l’équivalent du SD/USA de Max Shatchman, qui a formé les néoconservateurs aux USA [6]). Ce n’est pas la première fois que les « lambertistes » infiltrent le Parti socialiste. Ils y ont notamment placé deux célèbres agents de la CIA : Lionel Jospin (qui est devenu Premier ministre) et Jean-Christophe Cambadélis, le principal conseiller de Dominique Strauss-Kahn [7].

Des primaires sont organisées au sein du Parti socialiste pour désigner son candidat à l’élection présidentielle. Deux personnalités sont en concurrence : Laurent Fabius et Ségolène Royal. Seul le premier représente un danger pour Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn entre dans la course avec pour mission d’éliminer Fabius au dernier moment. Ce qu’il sera en mesure de faire grâce aux votes des militants « lambertistes » infiltrés, qui portent leur suffrages non pas sur son nom, mais sur celui de Royal.
L’opération est possible parce que Strauss-Kahn est depuis longtemps sur le payroll des États-Unis. Les Français ignorent qu’il donne des cours à Stanford, où il a été embauché par le prévot de l’université, Condoleezza Rice [8].
Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice remercieront Strauss-Kahn en le faisant élire à la direction du Fonds monétaire international.

Premiers jours à l’Élysée

Le soir du second tour de l’élection présidentielle, lorsque les instituts de sondages annoncent sa victoire probable, Nicolas Sarkozy prononce un bref discours à la nation depuis son QG de campagne. Puis, contrairement à tous les usages, il ne va pas faire la fête avec les militants de son parti, mais il se rend au Fouquet’s. La célèbre brasserie des Champs-Élysées, qui était jadis le rendez-vous de « l’Union corse » est aujourd’hui la propriété du casinotier Dominique Desseigne. Il a été mis à disposition du président élu pour y recevoir ses amis et les principaux donateurs de sa campagne. Une centaine d’invités s’y bousculent, les hommes les plus riches de France y côtoient les patrons de casinos.

Puis le président élu s’offre quelques jours de repos bien mérités. Conduit en Falcon-900 privé à Malte, il s’y repose sur le Paloma, le yacht de 65 mètres de son ami Vincent Bolloré, un milliardaire formé à la Banque Rothschild.

Enfin, Nicolas Sarkozy est investi président de la République française. Le premier décret qu’il signe n’est pas pour proclamer une amnistie, mais pour autoriser les casinos de ses amis Desseigne et Partouche à multiplier les machines à sous.

Il forme son équipe de travail et son gouvernement. Sans surprise, on y retrouve un bien trouble propriétaire de casinos (le ministre de la Jeunesse et des Sports) et le lobbyiste des casinos de l’ami Desseigne (qui devient porte-parole du parti « gaulliste »).

Nicolas Sarkozy s’appuie avant tout sur quatre hommes :
- Claude Guéant, secrétaire général du palais de l’Élysée. C’est l’ancien bras droit de Charles Pasqua.
- François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Élysée. C’est un associé-gérant de la Banque Rothschild.
- Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique. Fils de l’ancien directeur de l’Agence juive. Ambassadeur de France à l’ONU, il fut relevé de ses fonctions par Chirac qui le jugeait trop proche de George Bush.
- Alain Bauer, l’homme de l’ombre. Son nom n’apparaît pas dans les annuaires. Il est chargé des services de renseignement. Ancien Grand-Maître du Grand Orient de France (la principale obédience maçonnique française) et ancien n°2 de la National Security Agency états-unienne en Europe [9].

Frank Wisner Jr., qui a été nommé entre temps envoyé spécial du président Bush pour l’indépendance du Kosovo, insiste pour que Bernard Kouchner soit nommé ministre des Affaires étrangères avec une double mission prioritaire : l’indépendance du Kosovo et la liquidation de la politique arabe de la France.

Kouchner a débuté sa carrière en participant à la création d’une ONG humanitaire. Grâce aux financements de la National Endowment for Democracy, il a participé aux opérations de Zbigniew Brzezinski en Afghanistan, aux côtés d’Oussama Ben Laden et des frères Karzaï contre les Soviétiques. On le retrouve dans les années 90 auprès d’Alija Izetbegoviç en Bosnie-Herzégovine. De 1999 à 2001, il a été Haut représentant de l’ONU au Kosovo.

Sous le contrôle du frère cadet du président Hamid Karzaï, l’Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de pavot. Le suc est transformé sur place en héroïne et transporté par l’US Air Force à Camp Bondsteed (Kosovo). Là, la drogue est prise en charge par les hommes d’Haçim Thaçi qui l’écoulent principalement en Europe et accessoirement aux États-Unis [10]. Les bénéfices sont utilisés pour financer les opérations illégales de la CIA.
Karzaï et Thaçi sont des amis personnels de longue date de Bernard Kouchner, qui certainement ignore leurs activités criminelles malgré les rapports internationaux qui y ont été consacrés.

Pour complèter son gouvernement, Nicolas Sarkozy nomme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances. Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co-présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre les l’avionneur français Dassault [11].

Nouvelle escapade durant l’été. Nicolas, Cécilia, leur maîtresse commune et leurs enfants se font offrir des vacances états-uniennes à Wolfenboroo, non loin de la propriété du président Bush. La facture, cette fois, est payée par Robert F. Agostinelli, un banquier d’affaires italo-new-yorkais, sioniste et néo-conservateur pur sucre qui s’exprime dans Commentary, la revue de l’American Jewish Committee.

La réussite de Nicolas rejaillit sur son demi-frère Pierre-Olivier. Sous le nom américanisé « d’Oliver », il est nommé par Frank Carlucci (qui fut le n°2 de la CIA après avoir été recruté par Frank Wisner Sr.) [12] directeur d’un nouveau fonds de placement du Carlyle Group (la société commune de gestion de portefeuille des Bush et des Ben Laden) [13]. Sans qualité personnelle particulière, il est devenu le 5e noueur de deals dans le monde et gère les principaux avoirs des fonds souverains du Koweit et de Singapour.

La côte de popularité du président est en chute libre dans les sondages. L’un de ses conseillers en communication, Jacques Séguéla, préconise de détourner l’attention du public avec de nouvelles « people stories ». L’annonce du divorce avec Cécilia est publiée par Libération, le journal de son ami Edouard de Rothschild, pour couvrir les slogans des manifestants un jour de grève générale. Plus fort encore, le communiquant organise une rencontre avec l’artiste et ex-mannequin, Carla Bruni. Quelques jours plus tard, sa liaison avec le président est officialisée et le battage médiatique couvre à nouveau les critiques politiques. Quelques semaines encore et c’est le troisième mariage de Nicolas. Cette fois, il choisit comme témoins Mathilde Agostinelli (l’épouse de Robert) et Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur devenu associé-gérant chez Rothschild.

Quand les Français auront-ils des yeux pour voir à qui ils ont à faire ?

 Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).
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Les informations contenues dans cet article ont été présentées par Thierry Meyssan lors de la table ronde de clôture de l’Eurasian Media Forum (Kazakhstan, 25 avril 2008) consacrée à la peopolisation et au glamour en politique.

L’intérêt suscite par ces informations a conduit l’auteur à rédiger le présent article qui a été publié par Profile, le principal news magazine russe actuel.

Plusieurs versions et traductions non autorisées de cet article ont été diffusées alors que le site du Réseau Voltaire était hors service. Nous vous prions de considérer le présent article comme le seul valide.



[1] Quand le stay-behind portait De Gaulle au pouvoir, par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 août 2001

[2] Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle, par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 septembre 2001

[3] L’Énigme Pasqua, par Thierry Meyssan, Golias ed, 2000.

[4] Les requins. Un réseau au cœur des affaires, par Julien Caumer, Flammarion, 1999.

[5] Un relais des États-Unis en France : la French American Foundation , par Pierre Hillard, Réseau Voltaire, 19 avril 2007.

[6] Les New York Intellectuals et l’invention du néo-conservatisme, par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 26 novembre 2004.

[7] Éminences grises, Roger Faligot et Rémi Kauffer, Fayard, 1992 ; « The Origin of CIA Financing of AFL Programs » in Covert Action Quaterly, n° 76, 1999.

[8] Dominique Strauss-Kahn, l’homme de « Condi » au FMI, par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2007.

[9] Alain Bauer, de la SAIC au GOdF, Note d’information du Réseau Voltaire, 1er octobre 2000.

[10] Le gouvernement kosovar et le crime organisé, par Jürgen Roth, Horizons et débats, 8 avril 2008.

[11] Avec Christine Lagarde, l’industrie US entre au gouvernement français, Réseau Voltaire, 22 juin 2005.

[12] L’honorable Frank Carlucci, par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 février 2004.

[13] Les liens financiers occultes des Bush et des Ben Laden et Le Carlyle Group, une affaire d’initiés, Réseau Voltaire, 16 octobre 2001 et 9 février 2004.

mardi 22 juillet 2008

MEDIALMA: DU REGNE LITERRAIRE DE PATRICK RAMBAUD

MEDIALMA: DU REGNE LITERRAIRE DE PATRICK RAMBAUD

Sri Aurobindo

Sri Aurobindo

Aperçus et Pensées

Aperçus : 1 - Le But

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Le But

Quand nous avons dépassé les savoirs, alors nous avons la Connaissance. La raison fut une aide; la raison est l'entrave.

Quand nous avons dépassé les velléités, alors nous avons le Pouvoir. L'effort fut une aide; l'effort est l'entrave.

Quand nous avons dépassé les jouissances, alors nous avons la Béatitude. Le désir fut une aide; le désir est l'entrave.

Quand nous avons dépassé l'individualisation, alors nous sommes des Personnes réelles. L'ego fut une aide; l'ego est l'entrave.

Quand nous dépasserons l'humanité, alors nous serons 1'Homme. L'animal fut une aide; l'animal est l'entrave.

Transforme ta raison en une intuition ordonnée; que tout en toi soit lumière. Tel est ton but.

Transforme l'effort en un flot égal et souverain de force d'âme; que tout en toi soit force consciente. Tel est ton but.

Transforme la jouissance en une extase égale et sans objet; que tout en toi soit félicité. Tel est ton but.

Transforme l'individu divisé en la personnalité cosmique; que tout en toi soit divin. Tel est ton but.

Transforme l'animal en le conducteur des troupeaux; que tout en toi soit Krishna. Tel est ton but.

**

Ce que je ne puis faire maintenant est le signe de ce que je ferai plus tard. Le sens de l'impossibilité est le commencement de toutes les possibilités. C'est parce que cet univers temporel était un paradoxe et une impossibilité que l'Éternel l'a créé de Son être.

L'impossibilité est simplement une somme de possibilités plus grandes encore irréalisées. Elle voile une étape plus avancée, un voyage encore inaccompli.

Si tu veux que l'humanité progresse, jette bas toute idée préconçue. Ainsi frappée, la pensée s'éveille et devient créatrice. Sinon elle se fixe dans une répétition mécanique qu'elle confond avec son activité véritable.

Tourner sur son axe n'est pas le seul mouvement pour l'âme humaine. I1 y a aussi la gravitation autour du Soleil d'une illumination inépuisable.

Prends d'abord conscience de toi-même au-dedans, puis pense et agis. Toute pensée vivante est un monde en préparation; tout acte réel est une pensée manifestée. Le monde matériel existe parce qu'une Idée se mit à jouer dans la conscience divine.

La pensée n'est pas essentielle à l'existence et n'en est pas la cause, mais c'est un instrument pour devenir : je deviens ce que je vois en moi-même. Tout ce que la pensée me suggère, je puis le faire; tout ce que la pensée révèle en moi, je puis le devenir. Telle devrait être l'inébranlable foi de l'homme en lui-même, car Dieu habite en lui.

Notre tâche n'est pas de toujours répéter ce que l'homme a déjà fait, mais de parvenir à de nouvelles réalisations, à des maîtrises dont nous n'avons pas encore rêvé. Le temps, l'âme et le monde nous sont donnés comme champ d'action; la vision, l'espoir et l'imagination créatrice nous servent d'inspirateurs; la volonté, la pensée et le labeur sont nos très efficaces instruments.

Qu'y a-t-il de nouveau que nous ayons à accomplir ?
L'Amour, car jusqu'à présent nous n'avons accompli que la haine et notre propre satisfaction; la Connaissance, car jusqu'à présent nous ne savons que faire erreur, percevoir et concevoir; la Félicité, car jusqu'à présent nous n'avons trouvé que le plaisir, la douleur et l'indifférence; le Pouvoir, car jusqu'à présent nous n'avons accompli que la faiblesse, l'effort et une victoire toujours défaite; la Vie, car jusqu'à présent nous ne savons que naître, grandir et mourir; l'Unité, car jusqu'à présent nous n'avons accompli que la guerre et l'association.

En un mot, la divinité : nous refaire à l'image du Divin.

Sri Aurobindo
(1914 ou avant ?)

Traduction de La Mère.

dans le fascicule "Aperçus et Pensées" - 1956 - (pages 1-3)
publié par Sri Aurobindo Ashram - Pondichéry
diffusion par SABDA


aussi dans les pages préliminaires au recueil de Sri Aurobindo : "Pensées et Aphorismes - tome 1" (aphorismes commentés par la Mère)
chez Buchet-Chastel, Paris (1975) - (pages 1-4)

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Sri Aurobindo

Aperçus et Pensées

Aperçus : 2 - La Joie d'Être

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La Joie d'Être

Si Brahman n'était qu'une abstraction impersonnelle contredisant éternellement le fait apparent de notre existence concrète, l'annihilation serait la juste fin de l'affaire; mais l'amour, la joie et la conscience de soi ont aussi leur place.

L'univers n'est pas simplement une formule mathématique destinée à élaborer la relation de certaines abstractions mentales appelées nombres et principes, pour aboutir finalement à un zéro ou à une unité vide; ce n'est pas davantage une simple opération physique exprimant une certaine équation de forces. C'est la joie d'un Dieu amoureux de lui-même, le jeu d'un Enfant, l'inépuisable multiplication de soi d'un Poète enivré par l'extase de son propre pouvoir de création sans fin.

Nous pouvons parler du Suprême comme d'un mathématicien traduisant en nombres un calcul cosmique, ou comme d'un penseur qui résout par expérimentation un problème de relation de principes et d'équilibre de forces. Mais nous devrions aussi parler de Lui comme de l'amant, du musicien des harmonies particulières et universelles, comme de l'enfant, du poète. Il ne suffit pas de comprendre son aspect de pensée; il faut encore saisir entièrement son aspect de joie. Les idées, les forces, les existences, les principes sont des moules creux, à moins qu'ils ne soient remplis du souffle de la joie de Dieu.

Ces choses sont des images, mais tout est image. Les abstractions nous donnent la pure conception des vérités de Dieu; les images nous donnent leur réalité vivante.

Si l'Idée embrassant la Force engendra les mondes, la Joie d'Être engendra l'Idée. C'est parce que l'Infini conçut en lui-même une innombrable joie que les mondes et les univers prirent naissance.

La conscience d'être et la joie d'être sont les premiers parents. Elles sont aussi les ultimes transcendances. L'inconscience n'est qu'un intervalle d'évanouissement de la conscience ou son obscur sommeil; la douleur et l'extinction de soi ne sont que la joie d'être se fuyant elle-même afin de se retrouver ailleurs ou autrement.

La joie d'être n'est pas limitée dans le temps; elle est sans fin ni commencement. Dieu ne sort d'une forme que pour entrer dans une autre.

Après tout, qu'est Dieu ? Un éternel enfant jouant un jeu éternel dans un éternel jardin.

Sri Aurobindo
(1914 ou avant ?)

Traduction de La Mère.

dans le fascicule "Aperçus et Pensées" - 1956 - (pages 4-5)
publié par Sri Aurobindo Ashram - Pondichéry
diffusion par SABDA


aussi dans les pages préliminaires au recueil de Sri Aurobindo : "Pensées et Aphorismes - tome 1" (aphorismes commentés par la Mère)
chez Buchet-Chastel, Paris (1975) - (pages 5-6)

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Sri Aurobindo

Aperçus et Pensées

Aperçus : 3- L'Homme, le Pourousha

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L'Homme, le Pourousha

Dieu ne peut cesser de se pencher vers la Nature, ni l'homme d'aspirer à la divinité. C'est la relation éternelle du fini à l'infini. Quand ils semblent se détourner l'un de l'autre, c'est pour s'élancer vers une plus intime rencontre.

Dans l'homme, la nature du monde redevient consciente de soi afin de faire un plus grand bond vers son Possesseur. C'est ce Possesseur que, sans le savoir, elle possède, que la vie et la sensation nient, tout en le possédant, et cherchent, tout en le niant. Si la nature du monde ne connaît pas Dieu, c'est qu'elle ne se connaît pas elle-même; quand elle se connaîtra elle-même, elle connaîtra une joie d'être sans mélange.

Posséder dans l'unité et non se perdre dans l'unité, tel est le secret. Dieu et l'homme, le monde et l'au-delà deviennent un quand ils se connaissent l'un l'autre. Leur division est la cause de l'ignorance, de même que l'ignorance est la cause de la souffrance.

Tout d'abord, l'homme cherche aveuglément, et il ne sait même pas qu'il cherche son moi divin, car son point de départ est l'obscurité de la Nature matérielle, et même quand il commence à voir, il reste longtemps aveuglé par la lumière qui croît en lui. Dieu aussi ne répond qu'obscurément à sa quête; il recherche l'aveuglement de l'homme et en jouit comme des mains d'un petit enfant qui tâtonne vers sa mère.

Dieu et la Nature sont comme un garçon et une fille qui jouent, amoureux l'un de l'autre. Ils se cachent et s'enfuient quand ils s'aperçoivent, afin de pouvoir se chercher, se poursuivre et se capturer.

L'homme est Dieu se cachant de la Nature pour pouvoir la posséder par la lutte, l'obstination, la violence, la surprise. Dieu est l'Homme universel et transcendant qui, dans l'être humain, se cache à sa propre individualité.

L'animal est l'Homme déguisé sous une peau velue et marchant à quatre pattes. Le ver est l'Homme qui se tortille et rampe vers le développement de son humanité. Même les formes brutes de la matière sont l'Homme dans un corps rudimentaire. Toutes choses sont l'Homme, le Pourousha.

Car, que voulons-nous dire par Homme ? Une âme incréée et indestructible qui a fait sa demeure dans un mental et un corps créés de ses propres éléments.

Sri Aurobindo
(1914 ou avant ?)

Traduction de La Mère.

dans le fascicule "Aperçus et Pensées" - 1956 - (pages 6-7)
publié par Sri Aurobindo Ashram - Pondichéry
diffusion par SABDA


aussi dans les pages préliminaires au recueil de Sri Aurobindo : "Pensées et Aphorismes - tome 1" (aphorismes commentés par la Mère)
chez Buchet-Chastel, Paris (1975) - (pages 7-8)

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Sri Aurobindo

Aperçus et Pensées

Aperçus : 4- La Fin

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La Fin

La rencontre de l'homme et de Dieu suppose toujours une pénétration, une entrée du divin dans l'humain et une immersion de l'homme dans la Divinité.

Mais cette immersion n'est pas une espèce d'annihilation. L'extinction n'est pas l'aboutissement de toute cette recherche et cette passion, cette souffrance et cette extase. Le jeu n'aurait jamais commencé si telle devait en être la fin.

La joie est le secret. Apprends la joie pure et tu apprendras Dieu.

Quel fut donc le commencement de toute l'histoire ? Une existence qui s'est multipliée pour la seule joie d'être et qui s'est plongée en d'innombrables milliards de formes afin de pouvoir se retrouver elle-même innombrablement.

Et quel en est le milieu ? Une division qui tend vers une unité multiple, une ignorance qui peine vers le torrent d'une lumière variée, une douleur en travail pour arriver au contact d'une extase inimaginable. Car toutes ces choses sont des formes obscures et des vibrations perverties.

Et quelle sera la fin de toute l'histoire ? Si le miel pouvait se goûter lui-même et goûter toutes ses gouttes à la fois, et si toutes ses gouttes pouvaient se goûter l'une l'autre, et chacune goûter le rayon tout entier comme elle-même, telle serait la fin pour Dieu, pour l'âme de l'homme et l'univers.

L'Amour est la tonique, la Joie est la mélodie, le Pouvoir est l'accord, la Connaissance est l'exécutant, le Tout infini est à la fois le compositeur et l'auditoire. Nous connaissons seulement les discordances préliminaires, qui sont aussi terribles que l'harmonie sera grande; mais nous arriverons sûrement à la fugue des divines béatitudes.

Sri Aurobindo
(1914 ou avant ?)

Traduction de La Mère.

dans le fascicule "Aperçus et Pensées" - 1956 - (page 8)
publié par Sri Aurobindo Ashram - Pondichéry
diffusion par SABDA


aussi dans les pages préliminaires au recueil de Sri Aurobindo : "Pensées et Aphorismes - tome 1" (aphorismes commentés par la Mère)
chez Buchet-Chastel, Paris (1975) - (pages 9-10)

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Sri Aurobindo

Aperçus et Pensées

Aperçus : 5- Les Chaînes

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Les Chaînes

Le monde entier aspire à la liberté, et pourtant chaque créature est amoureuse de ses chaînes. Tel est le premier paradoxe et l'inextricable noeud de notre nature.

L'homme est amoureux des liens de la naissance; aussi se trouve-t-il pris dans les liens jumeaux de la mort. Dans ces chaînes, il aspire à la liberté de son être et à la maîtrise de son accomplissement.

L'homme est amoureux du pouvoir; aussi est-il soumis à la faiblesse. Car le monde est une mer et ses vagues de force se heurtent et déferlent sans cesse les unes contre les autres; celui qui veut chevaucher la crête d'une seule vague doit s'effondrer sous le choc de cent autres.

L'homme est amoureux du plaisir; aussi doit-il subir le joug du chagrin et de la douleur. Car la félicité sans mélange n'existe que pour l'âme libre et sans passion; mais ce qui poursuit le plaisir dans l'homme est une énergie qui souffre et qui peine.

L'homme est assoiffé de calme, mais il a faim aussi des expériences d'un mental agité et d'un coeur inquiet. Pour son mental, la jouissance est une fièvre, le calme, une monotone inertie.

L'homme est amoureux des limitations de son être physique, et cependant il voudrait avoir aussi la liberté de son esprit infini et de son âme immortelle.

Et quelque chose en lui éprouve une étrange attraction pour ces contrastes. Pour son être mental, ils constituent l'intensité artistique de la vie. Ce n'est pas seulement le nectar, mais le poison aussi qui attire son goût et sa curiosité.

**

Il existe une signification pour toutes ces choses et une délivrance de toutes ces conditions. Dans ses combinaisons les plus folles, la Nature suit une méthode, et ses noeuds les plus inextricables ont leur dénouement.

La mort est la question que la Nature pose continuellement à la vie pour lui rappeler qu'elle ne s'est pas encore trouvée elle-même. Sans l'assaut de la mort, la créature serait liée pour toujours à une forme de vie imparfaite. Poursuivie par la mort, elle s'éveille à l'idée d'une vie parfaite et en cherche les moyens et la possibilité.

La faiblesse pose la même épreuve et la même question aux forces, aux énergies et aux grandeurs dont nous nous glorifions. Le pouvoir est le jeu de la vie; il en donne la mesure et révèle la valeur de son expression. La faiblesse est le jeu de la mort qui poursuit la vie dans son mouvement et fait sentir les limites de l'énergie qu'elle a acquise.

Par la douleur et le chagrin, la Nature rappelle à l'âme que les plaisirs dont elle jouit sont seulement un faible reflet de la joie réelle de l'existence. Chaque souffrance, chaque torture de notre être contient le secret d'une flamme d'extase, devant laquelle nos plus grandes jouissances sont comme des lueurs vacillantes. C'est ce secret qui fait l'attraction de l'âme pour les grandes épreuves, pour les souffrances et les expériences terribles de la vie, alors même que notre mental nerveux les abomine et les fuit.

L'agitation fébrile et le prompt épuisement de notre être actif et de ses instruments d'action sont un signe de la Nature que le calme est notre vrai fondement et que l'excitation est une maladie de l'âme. La stérilité et la monotonie du calme pur et simple sont aussi le signe de la Nature que le jeu de l'action sur cette base inaltérable est ce qu'elle attend de nous. Dieu joue à jamais et n'est pas troublé.

Les limitations du corps sont un moule; l'âme et le mental doivent se verser en elles, les briser et les refaçonner constamment en de plus vastes limites, jusqu'à ce que soit trouvée la formule d'accord entre cette finitude et leur propre infinité.

La liberté est la loi de l'être en son unité inimitable, le maître secret de la Nature tout entière. La servitude est la loi de l'amour en l'être qui se donne volontairement pour servir le jeu de ses autres "moi" dans la multiplicité.

Quand la liberté travaille dans les chaînes et quand la servitude devient une loi de la Force et non de l'Amour, la vraie nature des choses est déformée et le mensonge gouverne l'action de l'âme dans l'existence.

La Nature part de cette déformation et joue avec toutes les combinaisons qui peuvent en résulter avant de lui permettre d'être rectifiée. Ensuite, elle rassemble l'essence de toutes ces combinaisons en une nouvelle et féconde harmonie d'amour et de liberté.

La liberté vient d'une unité sans limites, car tel est notre être véritable. Nous pouvons trouver en nous-mêmes l'essence de cette unité; nous pouvons aussi devenir conscients de son jeu en union avec tous les autres. Cette double expérience est le dessein intégral de l'âme dans la Nature.

Quand nous avons réalisé en nous-mêmes l'unité infinie, alors, nous donner au monde est liberté parfaite et empire absolu.

Infinis, nous sommes affranchis de la mort, car la vie devient un jeu de notre existence immortelle. Nous sommes affranchis de la faiblesse, car nous sommes la mer tout entière jouissant des myriades de chocs de ses vagues. Nous sommes affranchis du chagrin et de la douleur, car nous apprenons à harmoniser notre être avec tout ce qui le touche et à trouver en toute chose l'action et la réaction de la joie de l'existence. Nous sommes affranchis des limitations, car le corps devient un jouet de l'esprit infini et apprend à obéir à la volonté de l'âme immortelle. Nous sommes affranchis de la fièvre du mental nerveux et du coeur, et cependant nous ne sommes pas contraints à l'immobilité.

L'immortalité, l'unité et la liberté sont en nous, attendant notre découverte; mais pour la joie de l'amour, Dieu en nous sera toujours la Multitude.

Sri Aurobindo
(1914 ou avant ?)

Traduction de La Mère.

dans le fascicule "Aperçus et Pensées" - 1956 - (page 9-12)
publié par Sri Aurobindo Ashram - Pondichéry
diffusion par SABDA


aussi dans les pages préliminaires au recueil de Sri Aurobindo : "Pensées et Aphorismes - tome 1" (aphorismes commentés par la Mère)
chez Buchet-Chastel, Paris (1975) - (pages 11-15)

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Sri Aurobindo

Aperçus et Pensées

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…et Pensées

Certains pensent qu'il est présomptueux de croire à une Providence particulière ou de se considérer comme un instrument entre les mains de Dieu. Mais je trouve que chaque homme a une Providence spéciale et je vois que Dieu manie la pioche de l'ouvrier et babille dans le petit enfant.

La Providence n'est pas seulement ce qui me sauve du naufrage quand tous les autres ont péri. La Providence est aussi ce qui m'arrache ma dernière planche de salut, tandis que tous les autres sont sauvés, et me noie dans l'océan désert.

La joie de la victoire est quelquefois moindre que l'attraction de la lutte et de la souffrance; pourtant, le laurier et non la croix doit être le but de l'âme conquérante.

Les âmes qui n'aspirent pas sont les échecs de Dieu, mais la Nature est satisfaite et aime à les multiplier, parce qu'elles assurent sa stabilité et prolongent son empire.

Ceux qui sont pauvres, ignorants, mal nés et mal éduqués ne sont pas le troupeau vulgaire. Le vulgaire comprend tous ceux qui sont satisfaits de la petitesse et de l'humanité moyenne.

Aide les hommes, mais n'appauvris pas leur énergie. Dirige et instruis-les, mais aie soin de laisser intactes leur initiative et leur originalité. Prends les autres en toi-même, mais donne-leur en retour la pleine divinité de leur nature. Celui qui peut agir ainsi est le guide et le gourou.

Dieu a fait du monde un champ de bataille et l'a rempli du piétinement des combattants et des cris d'un grand conflit et d'une grande lutte. Voudrais-tu dérober sa paix sans payer le prix qu'il a fixé ?

Méfie-toi d'un succès apparemment parfait; mais quand, après avoir réussi, tu trouves encore beaucoup à faire, réjouis-toi et va de l'avant car le labeur est long jusqu'à la réelle perfection.

Il n'y a pas d'erreur plus engourdissante que de prendre une étape pour le but ou de s'attarder trop longtemps à une halte.

**

Partout où tu vois une grande fin, sois sûr d'un grand commencement. Quand une douloureuse et monstrueuse destruction épouvante ta pensée, console-la avec la certitude d'une vaste et grande création. Dieu est là, non seulement dans la petite voix tranquille, mais aussi dans le feu et dans le tourbillon.

Plus la destruction est grande, plus libres sont les chances de création; mais la destruction est souvent longue, lente, oppressive, la création souvent tarde à venir et son triomphe est interrompu. La nuit revient encore et encore, et le jour s'attarde ou semble même avoir été une fausse aurore. Ne désespère donc point, mais veille et travaille. Ceux qui espèrent avec violence sont prompts à désespérer. N'espère ni ne crains, mais sois sûr du dessein de Dieu et de ta volonté d'accomplir.

La main du divin Artiste oeuvre souvent comme si elle n'était pas sûre de son génie ni de ses matériaux. Elle semble toucher, essayer et laisser, reprendre et rejeter, reprendre encore, peiner et échouer, raccommoder et rapiécer. Les surprises et les déceptions sont dans l'ordre de son travail avant que tout ne soit prêt. Ce qui était choisi est rejeté dans l'abîme de la réprobation. Ce qui était rejeté devient la pierre d'angle d'un puissant édifice. Mais derrière tout cela, il y a l'oeil assuré d'une connaissance qui surpasse notre raison et le sourire sans hâte d'un infini pouvoir.

Dieu a tout le temps devant lui et n'a point besoin de toujours se presser. Il est certain de son but et du succès, et n'hésite pas à briser cent fois son oeuvre pour l'amener plus près de la perfection. La patience est la première grande leçon nécessaire, mais non la lourde lenteur à se mouvoir du timide, du sceptique, du fatigué, de l'indolent, du faible ou de l'homme sans ambition : la patience pleine d'une force calme et concentrée qui veille et se prépare pour l'heure des grands coups rapides, peu nombreux mais qui suffisent à changer la destinée.

Pourquoi Dieu martèle-t-il son monde avec tant d'acharnement, pourquoi le piétiner et le pétrir comme de la pâte, pourquoi le jeter si souvent dans un bain de sang et dans l'embrasement infernal de la fournaise ? Parce que l'humanité dans son ensemble est encore un vil minerai grossier et dur qui autrement ne se laisserait jamais fondre ni modeler. Tels les matériaux, telles les méthodes. Que le minerai se laisse transmuer en un métal plus noble et plus pur, et les procédés de Dieu envers lui seront plus doux et plus bénins, et les usages qu'il en fera, plus raffinés et plus beaux.

Pourquoi Dieu a-t-il choisi ou fabriqué de tels matériaux quand il pouvait choisir dans l'infini des possibilités ? Parce que son Idée divine avait en vue non seulement la beauté, la douceur et la pureté, mais aussi la force, la volonté et la grandeur. Ne méprise pas la force et ne la hais point à cause de la laideur de certaines de ses faces, et ne pense pas non plus que Dieu soit seulement amour. Toute perfection parfaite doit receler en elle quelque chose du héros et même du titan. Mais la plus grande force naît de la plus grande difficulté.

**

Tout changerait si seulement l'homme consentait à être spiritualisé. Mais sa nature mentale, vitale et physique se révolte contre la loi supérieure. Il aime son imperfection.

L'Esprit est la vérité de notre être. Dans leur imperfection, le mental, la vie et le corps sont ses masques; mais dans leur perfection, ils seraient ses formes. Être spirituel ne suffit pas; cela prépare un certain nombre d'âmes au ciel, mais laisse la terre exactement où elle est. Un compromis n'est pas non plus le chemin du salut.

Le monde connaît trois sortes de révolutions. Les révolutions matérielles ont de puissants résultats; les révolutions morales et intellectuelles sont infiniment plus vastes dans leur horizon et plus riches dans leurs fruits; mais les révolutions spirituelles sont les grandes semailles.

Si ces trois changements pouvaient coïncider en un parfait accord, une oeuvre sans défaut serait accomplie. Mais le mental et le corps de l'homme ne peuvent pas contenir parfaitement la puissance du flot spirituel; la plus grande partie en est gaspillée et beaucoup du reste, perverti. Dans notre sol, de nombreux labours intellectuels et physiques sont nécessaires pour obtenir une maigre récolte à partir de vastes semailles spirituelles.

Chaque religion a aidé l'humanité. Le paganisme a augmenté dans l'homme la lumière de la beauté, la largeur et la grandeur de la vie, la tendance à une perfection multiforme. Le christianisme lui a donné quelque vision de charité et d'amour divins. Le bouddhisme lui a montré un noble moyen d'être plus sage, plus doux, plus pur; le judaïsme et l'islam, comment être religieusement fidèle en action et zélé dans sa dévotion pour Dieu. L'hindouisme lui a ouvert les plus vastes et les plus profondes possibilités spirituelles. Ce serait une grande chose si toutes ces vues de Dieu pouvaient s'embrasser et se fondre l'une en l'autre; mais les dogmes intellectuels et l'égoïsme des cultes barrent le chemin.

Toutes les religions ont sauvé un certain nombre d'âmes, mais aucune n'a encore été capable de spiritualiser l'humanité. Pour cela, ce ne sont pas les cultes ni les credo qui sont nécessaires, mais un effort soutenu d'évolution spirituelle individuelle qui englobe tout.

Les changements que nous voyons dans le monde aujourd'hui sont intellectuels, moraux, physiques dans leur idéal et leur intention. La révolution spirituelle attend son heure et, pendant ce temps, fait surgir ses vagues ici et là. Jusqu'à ce qu'elle vienne, le sens des autres changements ne peut pas être compris; et jusqu'à ce moment-là, toutes les interprétations des événements présents et toutes les prévisions de l'avenir humain sont choses vaines. Car la nature de cette révolution, sa puissance et son issue sont ce qui déterminera le prochain cycle de notre humanité.

Sri Aurobindo
(1914 ou avant ?)

Traduction de La Mère.

dans le fascicule "Aperçus et Pensées" - 1956 - (page 13-17)
publié par Sri Aurobindo Ashram - Pondichéry
diffusion par SABDA


aussi dans les pages préliminaires au recueil de Sri Aurobindo : "Pensées et Aphorismes - tome 1" (aphorismes commentés par la Mère)
chez Buchet-Chastel, Paris (1975) - (pages 16-22)